Jeudi 01/05....... 21h57 _
[...] Ce soir, j'écris plus par besoin que par envie ... Ce soir j'écris mais le coeur n'y est pas, mon amour est parti ... Laissez- moi courir pour échapper à la réalité, m'effondrer en larmes encore une fois, crier, hurler, et puis réaliser, lentement, très lentement ... que tout est terminé ... J'ai encore en mémoire ces images de ta lente agonie, de tes forces t'abandonnant unes à unes, de nos efforts pour te maintenir parmi nous, et puis la précipitation, tous ces gens autour de toi, ces visages emprunts de douleur, ce regard qu'ils ont échangé pour s'avouer en silence qu'il n'y avait plus rien à faire, et le sentiment d'être impuissante, de te regarder partir comme si c'était une fatalité ... Pardon mon amour, mais je perds mes mots... je ne veux pas accepter que tu m'aies quittée ... je ne veux pas me forcer à tolérer l'intolérable, et puisque la vie joue avec nous, pourquoi t'avoir choisit toi? "Maman, dis moi que je fais un cauchemard, réveilles-moi je t'en supplie ..." ... "Maman, j'ai plus envie de rien ... je veux juste le voir ... "
"C'est terminé, mon amour, il est partit ... tu as été là quand il a fermé les yeux et c'est le plus important ..."
[...] Jamais je n'aurais pu ne serait-ce qu'imaginer ... J'ai essayé, d'être forte, de ravaler mes larmes, je voulais qu'il parte en ne gardant de moi qu'un sourire, ce sourire qu'il m'inspirait, car avec lui tout était si simple ... mais je n'ai pas pu, je n'ai pas su me contenir lorsque sa tête a effleuré le sol, lorsque son regard s'est tourné vers moi, pour la dernière fois ... "Maman, j'ai mal ... pourquoi lui? pourquoi aujourd'hui? Elle me l'avait confié, et je l'ai laissé partir ..."
"Arrête! Tu n'y es pour rien, ce n'est pas de ta faute!"
[Oui, mais maman ... pourquoi je n'ai rien pu faire? pourquoi je n'ai pas pu l'aider à se battre? pourquoi ils me l'ont pris ... il était tout ce que j'avais, c'est lui qui m'a permit de tenir quand ça n'allait vraiment pas ... et maintenant il n'est plus là ...]
[...] Je voudrais partir, courir, n'importe où, pendant des heures, ne plus m'arrêter ... courir, respirer à pleins poumons cet air qu'il ne respirera jamais plus ... je voudrais prendre encore sa tête dans mes bras comme je le faisais à chaque fois, et le sentir vivre entre mes mains, sentir son souffle chaud sur ma peau ... je voudrais encore siffler et le voir se redresser et puis marcher vers moi, caresser ses longs crins noirs ... plus jamais ... c'est finit ... Adieu mon ange, Adieu Doudou, Adieu Amour ...
La seule chose qui me réjouit à l'heure qu'il est, c'est de savoir que de là où tu veilles sur nous tu ne souffres plus ...
A jamais ... Je t'Aime ...
Schtrumphette